• Sur les pas de Sigmund Freud

    CHAPITRE 9

    SUR LES PAS DE SIGMUND FREUD

    Le développement de ma carrière de cadre dans la distribution d’accessoires médicaux provoqua très vite des tensions ingérables pour moi et pour diverses raisons. Notre PME devait affronter la stratégie de grandes multinationales autant partenaires que concurrentes. Pour leurs cadres nous n’étions que des nains qu’ils pouvaient malmener. En interne je me trouvais en clé de voûte compressé par ma direction qui exigeait des résultats, par mes collaborateurs qui recherchaient à optimiser leur liberté de manœuvre et enfin par la clientèle qui voulait tirer profit au maximum de la situation très concurrentielle du marché. Comme je me voyais pénétrer dangereusement dans la zone rouge de l’insupportable je décidais aux frais de l’entreprise de consulter des spécialistes du stress pour me renforcer et acheter des outils de gestion humaine. Suivant un stage H.E.C. chaque année j’avais obtenu des adresses performantes sur la place de Paris. Dès les premiers contacts j’ai eu la surprise d’apprendre que c’était moi qui devait m’adapter car il n’était pas possible de modifier tout le marché et même pas les autres afin que je me sente plus à l’aise. Cela parait stupide mais je n’avais pas réalisé qu’il était plus facile d’avancer mon tabouret que de déplacer le piano. Me voilà donc à envisager d’ouvrir le capot de mon inconscient pour toucher aux programmes et me rendre compatible avec la guerre commerciale où j’avais mis les pieds presque par erreur. Comme je n’étais pas homme à refuser les défis j’ai entrepris d’effectuer 4 années d’études de la psyché dans un institut parisien des années 92 à 95. Mais ce n’était pas tout car il me fallait assortir obligatoirement cette connaissance d’une psychothérapie personnelle complète sans laquelle les cours étaient refusés. La facture globale était astronomique pour moi et en accord avec mon employeur le coût fut réparti équitablement entre l’entreprise et moi. Nous espérions que les excellents résultats compenseraient cet investissement ce qui fut très largement le cas. Dans le monde feutré des grands fournisseurs de la santé ma petite entreprise constituait un empêcheur de tourner en rond et je voyais les têtes se tourner sur mon passage lors des réunions de la corporation. J’étais habitué de passer pour un vilain petit canard mais je ne peux pas dire que c’était agréable. A cause de ma stratégie commerciale agressive je m’étais mis dans la gueule du loup et personne ne donnait cher de ma peau. Cependant comme des éléphants voulant attraper une souris aucune multinationale n’est arrivée à nous dépecer. Le plus gros des pachydermes préféra nous prendre sous sa protection et ainsi sauvée notre PME vit s’ouvrir devant elle un chemin favorable. Ce colosse protecteur ayant lui aussi disparu il a suffi à cette petite unité légère de sauter sur le dos d’un autre géant pour continuer d’exister encore alors que je l’ai aujourd’hui quittée. Cette destinée heureuse à laquelle j’ai contribué fait partie de mes grandes satisfactions. Pour ne pas perdre le fil de mon récit concernant mon intérêt pour Freud me voilà donc encore une fois avoir continué des études bien après mes 40 ans. Cette nouvelle expérience méritait bien un chapitre entier de par l’importance qu’elle a eue dans ma carrière et de par le bénéfice que j’en tire tous les jours encore dans une société qui est le théâtre de conflits grandissants. Les évènements paranormaux pour lesquels j’avais une certaine addiction me demandaient d’être mieux informé sur la gestion des ressources de mon inconscient. Je commençais par exemple à essayer de traduire quelques rêves après m’être informé plus complètement sur le sujet par mes cours, mais aussi des livres, des conférences et des ateliers. C’est à juste raison que Freud désignait les rêves comme la voie royale de l’inconscient. Il m’avait suffit par deux fois d’être tout proche d’en venir violemment aux mains avec des concurrents pour me dire que j’avais fait le bon choix d’apprendre à gérer mes émotions. Un simple incident de ce type avec blessure aurait vu immédiatement la fin de ma carrière. D’autre part à titre personnel je n’avais pas encore obtenu une réponse complète à mes sept questions de base que je ne pouvais oublier. Pour mémoire je les rappelle au lecteur :
    - pourquoi est-ce que je vis sur cette planète ?
    - pourquoi suis-je comme je suis ?
    - pourquoi m’est-il arrivé ce qui m’est arrivé ?
    - que va-t-il m’arriver demain ?
    - puis-je espérer être vraiment heureux un jour ?
    - y a-t-il une méthode pour devenir heureux ?
    - quel est le sens de la destinée humaine ?
    Je n’oubliais pas que j’étais toujours à la recherche de l’axe moteur sur lequel toutes les activités humaines se développaient et en particulier du moteur secret lui-même dont je pressentais qu’il répondrait à toutes ces questions en une seule fois. La terre entière m’apparaissait comme une ruche frénétique dont la Reine comme l’apiculteur auraient été inconnus et la destination finale du miel gardée secrète. J’avais touché du doigt l’acier froid de cet axe dans la caverne obscure du monde et je ne pouvais plus faire machine arrière. Je comprenais que la réponse passait par une meilleure connaissance de l’inconscient autant individuel que collectif. Donc lors d’un salon de la gestion des forces de vente j’ai passé commande à un l’institut parisien qui me semblait le mieux adapté à ma demande. Il présentait comme avantage de me faire payer une partie des formations par la Chambre de Commerce dont dépendait mon entreprise. Le 1% patronal permettait ce type de formation par un organisme agréé. L’institut me proposait d’effectuer ma thérapie individuelle auprès d’un membre affilié à cet organisme. Parallèlement je participais aux réunions de groupe qui se déroulaient en province certains week-ends dans l’année. Le soutien financier de la Chambre de Commerce couvrait la moitié de l’ensemble des frais, l’essentiel des cours étant à sa charge, alors que le reste concernant mes déplacements, mon hôtellerie et ma thérapie restait à la mienne. Dans les grandes lignes le travail portait sur une étude de mon caractère et de mon comportement, un accès à ma programmation inconsciente et la gestion de mes émotions. Cet institut était structuré comme une confédération d’écoles. Un éventail de techniques diverses était ainsi enseigné. J’ai également pris une option en université d’été qui permettait la rencontre avec des coaches, des psychiatres et des psychothérapeutes travaillant autant en individuel qu’en entreprise. J’ai beaucoup aimé les études de cas réels concernant autant les individus que les groupes. La recherche concernait essentiellement les échecs dont les racines sont souvent latentes dans l’inconscient des cadres et des dirigeants. Je trouvais très rassurant de découvrir que pour les spécialistes le succès individuel et collectif avait sa source dans la motivation des individus qui pouvaient être capables de contourner les obstacles conjoncturels.

    Psychothérapie, psychiatrie ou développement personnel ?
    Quant à ma psychothérapie personnelle que je considérais au départ comme une contrainte je me suis très vite aperçu qu’elle représentait le cœur même de ma recherche, la formation n’en étant que le corps. Je suis devenu moi-même l’objet de mon étude. Elle me fut très pénible et me demanda un gros effort. Personne ne peut savoir ce que c’est que d’aller à la découverte de ces somatisations profondes tant qu’il ne l’a pas fait. Je peux tout juste donner une image de ce que j’ai vécu. Imaginer que vous héritiez d’une très vieille maison habitée depuis longtemps par des personnes décédées très âgés et que vous commenciez à la découvrir. Alors que les pièces habitables sont à rafraichir après quelques travaux, imaginez que vous passiez à l’examen de la cave et du grenier qui représentent l’inconscient dans mon image. Pour moi ce fut un choc. La chaudière était à changer, de même que les arrivées d’eau, de gaz et d’électricité. Le toit était à refaire rapidement car il commençait à détériorer des antiquités précieuses dont quelques tableaux égarés qui s’avéraient de grandes valeurs. Le tout était dans un état de moisissure et de poussière indescriptible. Comprenne qui pourra grâce à cette image ? C’était pénible mais très excitant aussi. J’ai eu sans exagération le sentiment d’ouvrir les volets sur des millénaires de confinement. Une fois décapé le vernis éducatif de ma personnalité qui était soigneusement rangé dans la commode correspondant à ma catégorie sociale, je me retrouvais à poil et en plein hiver. Il n’y a pas de meilleure motivation pour se refaire rapidement une garde robe sur mesure et avantageuse. L’une des techniques les plus performantes s’appelait ‘‘ rebirth ‘‘ et elle porte bien son nom. Après une longue gestation de trois ans et un accouchement final provoqué sur une semaine j’étais un autre homme tout neuf. J’avais ce curieux ressenti de m’être re-accouché tout seul. Ma ténacité et mon assiduité ont porté leurs fruits puisque je me suis vu non seulement décerner un diplôme de praticien psychothérapeute mais que j’ai terminé major de ma promotion. Un Rambo psychologue ça se remarque. L’ensemble des techniques psychothérapiques diffère complètement de celles de la psychiatrie. Je les sépare aussi du développement personnel ou coaching très à la mode qui demande les mêmes connaissances du fonctionnement de la psyché mais dans un but de performance plus que de réparation des troubles. Dans certains cas comme le mien la frontière était voisine entre les trois approches. Il me semble important de faire les distinctions qui suivent pour la compréhension du lecteur. D’une façon schématique la psychiatrie traite des pathologies dites psychotiques provenant d’un disfonctionnement organique du cerveau tandis que la psychothérapie aborde les névroses provenant d’un traumatisme émotionnel. En général le psychothérapeute n’est pas psychiatre et vis versa. Beaucoup de psychothérapeutes ne sont pas médecin du tout. Beaucoup de psychiatres peuvent s’avérer de bien piètre psychothérapeute. Le psychiatre est souvent en institution et le psychothérapeute en secteur libéral. La différence entre psychose et névrose est donc la première approche indispensable pour percevoir avec clarté les maladies du cerveau. Le sujet atteint de psychose n’est pas conscient du désordre de sa personnalité, alors que celui qui souffre de névrose perçoit le caractère maladif de ses troubles. La personnalité est ce qui caractérise l’identité d’une personne. Les troubles de la personnalité chez les psychotiques s’accompagnent de troubles du comportement associés à une perte intermittente du contact avec la réalité. La névrose est une affection qui se caractérise par des troubles du comportement dont le malade est conscient mais qu'il ne peut dominer. Elle se traduit par des troubles de l'affectivité et de l'émotivité, mais le malade garde ses fonctions mentales intactes. En effet, contrairement à la psychose, la névrose n'altère pas gravement la personnalité. D'une manière générale, la névrose est due à un conflit psychique non résolu tel que l’impossibilité de choisir entre deux pulsions contradictoires, d'intégrer un interdit ou de surpasser un traumatisme. En fait, c'est une étape de la maturité psychique qui n'a pas été franchie. Dans mon cas je recherchais par choix une meilleure connaissance des racines de mon identité et une meilleure maîtrise de mes émotions dans certaines circonstances difficiles. Je ne souffrais pas d’une pathologie handicapante mais d’un grand besoin de développement pour mener à bien ma recherche personnelle et mon métier. En bref j’étais en recherche de la meilleure santé mentale possible pour me livrer à mes exercices de hautes voltiges. Mes refoulements ou mes identités artificielles constituaient des bombes à retardement qu’il me fallait sagement désamorcer. En clair si je voulais faire des exploits en matière commerciale comme dans la découverte des mondes parallèles il me fallait déblayer mon terrain de décollage et d’atterrissage. Les années qui suivirent me donnèrent raison.

    Un peu d’histoire sur les troubles de la psyché
    Les troubles psychologiques étaient déjà connus dans l’Antiquité. Il y en a des traces dans les textes des Anciens. Le terme psychothérapie est plus récent : il est né à la fin du 19e siècle en Allemagne. Ensuite dès le milieu du 20ème les progrès de la psychologie associés à de nombreuses techniques souvent militaires issues de la Guerre Froide vont permettre la construction d’un ensemble d’écoles et de techniques de développement personnel. Ces progrès sont aujourd’hui sans cesse perfectionnés probablement du fait que la souffrance psychique n’est pas objectivable matériellement à l’opposé de la souffrance physique qui est plus facilement identifiable par l’imagerie médicale par exemple. Il existe plusieurs périodes dans l’histoire de la psychothérapie. L’origine fondamentale est archaïque. Elle se situe dans les pratiques animistes et chamaniques des peuples indigènes. Ces techniques ont étrangement survécu jusqu’ici sous différentes formes qui coexistent avec d’autres plus modernes. Elles utilisent avec succès les sons d’instruments et le chant, mais aussi les bains d’eau chaude à 37°, l’hyperventilation, la symbolique des évènements vécus et le toucher par les massages. La naissance officielle de la psychothérapie a eu lieu en 1925 avec son fondateur le docteur Sigmund Freud. Son œuvre en a conceptualisé les notions de base. La psychanalyse consiste dans le processus suivant : Alors que la souffrance du patient est facilement décrite et commentée, les conflits inconscients résultant d’une dualité pulsionnelle ne sont pas directement accessibles à la cure et demeurent inconnus. Ils doivent être mise à jour par le savoir-faire du praticien durant le traitement. Voilà décrit l’art du psychothérapeute ou accoucheur d’âme. C’était d’ailleurs une nouveauté en 1925 que d’utiliser scientifiquement la parole et l’intellect comme vecteurs thérapeutiques et d’une façon aussi codifiée. En recherchant une éventuelle origine anatomique des névroses, Freud, dès le début de son étude avait fait école à Paris. A la Salpêtrière le professeur Charcot et ses élèves démontraient que les troubles hystériques n’étaient pas lésionnels puisqu’ils disparaissaient quand le sujet était sous hypnose. Comme le concept d’électricité biologique venait d’être découvert, l’affect et le trauma psychiques y étaient alors associés à une surcharge électrique corporelle anormale qui aurait été produite en compensation par le cerveau lui-même. C’est dans ces conditions que les premières expériences d’électrochocs y furent effectuées avec succès. Il fut par la suite complètement oublié ou voilé que la pensée est matériellement supportée par une décharge électrique cérébrale. Dés le début des études sur la psyché les fonctions génératrices, émettrices et réceptrices d’énergie électrique du cerveau humain situaient bien celle-ci en dehors de l’abstraction conceptuelle immatérielle où la psychanalyse l’a enfermée ensuite. C’est donc à tord que nous limitons les idées produites à des pensées immatérielles. Un cerveau qui pense produit et échange de l’énergie bien mesurable par un encéphalogramme. Multiplié par 7 milliards le courant induit planétaire global des pensées humaines est quotidiennement gigantesque pour l’écosystème planétaire. Comme cela est dit tout au long de ce livre la connaissance de cette science est strictement réservée à une élite dirigeante et donc interdite au public. Le bénéficiaire de cette énorme quantité d’énergie produite en permanence n’est pas encore identifié par le commun des mortels qui ne s’autorise même pas encore à y réfléchir. Pourquoi le ferait-il ?

    Les dangers du transfert
    L’exercice de la psychothérapie en général n’est pas sans présenter de risque pour le patient et le praticien. Le début de mes études a commencé par m’en informer. Les thérapeutes en général sont tous soumis à des règles éthiques strictes. Les patients sont par principe des personnes en demande et parfois vulnérables. Pénétrer indument une personnalité est assimilable à un viol. Il est notamment nécessaire de veiller à respecter l’identité des patients, la confidentialité des échanges et une attitude neutre absente de tout jugement. Même si la plupart des praticiens sont de bonne fois, le risque de manipulation n’est donc pas négligeable du fait de la position particulière du thérapeute. Le domaine de la psychothérapie est un terreau propice aux dérives abusives. Entre patient et thérapeute se noue une relation étroite indispensable appelée transfert. Voilà un concept très important qui est au centre à la fois de la solution comme de la problématique. C’est l’outil principal qui est à double tranchant. Cette intimité stratégique fait que le patient développe des sentiments extrêmement forts envers son thérapeute. Ce dernier se substitue provisoirement à un autre absent physiquement. Se loue ainsi utilement entre eux deux le psychodrame d’une situation passée réactivée dans le présent. Le thérapeute investi de la mémoire d’un autre devient le personnage central de la problématique du client. Il est donc indispensable que les praticiens aient une solide formation et une éthique rigoureuse pour éviter que ne se mette en place une relation d’emprise. Le danger du dérapage est qu’après avoir aidé la personne en demande le sauveur se paie sur la bête comme le ferait un chasseur et exige quelque chose en retour au nom de l’autorité qu’il a représentée pour un temps. De l’assistance légitime on passe à l’abus de pouvoir. Dans le cadre de la déontologie et de l’éthique de la thérapie, la cure une fois délimitée et terminée, les deux parties sont quittes avec la production d’un reçu virtuel pour solde de tout compte. Voilà pourquoi un paiement même symbolique est obligatoire. Le thérapeute se doit donc de rompre ensuite toute relation transférentielle avec son client. Quel était donc le lien entre cette formation et l’exercice de mon métier de cadre commercial ? C’était la meilleure façon pour moi de mesurer et optimiser l’usage de mon pouvoir. Quel était mon comportement comme autorité hiérarchique chargée de formation et d’encadrement ? Quelle était aussi mon positionnement par rapport à la hiérarchie au dessus de moi, avec mes concurrents et mes clients ? Est-ce que je savais optimiser mon pouvoir sans en abuser ou en être la victime ? Est-ce qu’il y avait une symétrie entre mes positionnements familial et professionnel ? Est-ce que j’étais plus victime, bourreau ou sauveur ? J’ai vite compris que ce qui me manquait était une connaissance des lois régissant les relations entre les individus et le groupe qu’ils forment. Comment maîtriser équitablement le ‘‘je‘‘ et le ‘‘nous‘‘.  Ces lois concernent tous les groupes autant familiaux que professionnels ou associatifs qu’ils soient à but lucratif ou non. En matière d’abus ne disaient-on pas qu’il fallait ‘’violer’’ certains clients trop fermés ? Les relations entre collègues étaient très souvent dans la séduction et la manipulation allant jusqu’au harcèlement. Les codes moraux disparaissant avec l’influence réduite des religions nos relations sont aujourd’hui soumises à la loi de la jungle c'est-à-dire celle du plus fort. Ce que j’apprenais me donnait une base stabilisatrice pour être efficace dans mes buts sans être victime ou bourreau. La perspective de savoir comment me positionner avec justesse et sans me dénaturer représentait pour moi un luxe bien agréable. Savoir exprimer mes émotions sans me censurer et en être victime me rendrait la vie très confortable. Au sujet des techniques elles-mêmes il faut noter que Freud et ses successeurs ont tous apporté chacun des modifications issues de leurs observations. Depuis la seconde moitié du 20e siècle le nombre de méthodes a cru de façon importante sous forme de nombreuses écoles et techniques nouvelles. De nos jours il existe trois branches principales. La psychanalyse traditionnelle sous forme orale qui se caractérise par des cures longues dans le temps soit quelques années ; la thérapie cognitive et comportementale plus analytique et plus rapide sur quelques semestres ; la thérapie psychocorporelle où le corps est mis en jeu. C’est une thérapie rapide et profonde. Elle est plus énergétique mais non recommandée à ceux qui ont un problème avec le toucher. La catharsis (défoulement psy) y est provoquée et favorisée contrairement à la psychanalyse non interventionniste. Ma formation et ma thérapie ont été faite dans le cadre de la thérapie psychocorporelle d’origine américaine. Aujourd’hui il existe des techniques dérivées de cette dernière et à la mode dans les entreprises. Ces nouvelles pratiques sont très efficaces pour réduire le stress. Elles sont la base utilisée par le coaching qui ne demande ni formation universitaire ni à la psychopathologie.

    L’Institut international d’Esalem ou l’université de la science humaine du futur
    Sur recommandation de managers en ressources humaines j’avais choisi des praticiens formés en Californie au fameux institut international d’Esalem dont je connaissais le programme et qui m’était apparu comme très avant-gardiste. C’est en 1962 que s’est ouvert ce centre éducatif alternatif multidisciplinaire. Il allait rapidement devenir la Mecque de l’exploration transpersonnelle à l’origine du phénomène New Age et la source principale des thérapies psychocorporelles. La psychologie transpersonnelle est une discipline visant à faire une synthèse de la spiritualité et de la science moderne explorant l’énergie corporelle. C’est-à-dire l’étude de toutes les sciences de la connaissance métaphysique et des relations humaines ce qui correspondait parfaitement à ma recherche. Esalem est dédié aux études multidisciplinaires qui sont ordinairement négligées ou censurées par les académies traditionnelles. Cet institut conduit encore aujourd’hui plus de 500 ateliers par an, organise des conférences, des programmes travail-études et des programmes expérimentaux de recherche pure. Cette université psy fait partie des groupes de réflexion de la culture émergente, à la fois collège et laboratoire. Il explore l’enseignement et les sciences qui mènent à la réalisation complète du potentiel humain. Des centaines de scientifiques, de créateurs, d’artistes, de chamans et de maîtres spirituels y séjournent à un moment ou l’autre de leur carrière pour développer leur connaissance de la psyché. On y mène des ateliers exploratoires de pratiques thérapeutiques très novatrices ainsi que des investigations générales sur la psyché principalement avec des outils de la spiritualité traditionnelle orientale, mais aussi avec ceux des traditions chamaniques des peuples indigènes tels les Inuits ou les Dogons. On peut noter que bon nombre de promoteurs de ces techniques ont été aussi les fondateurs du centre. Ils étaient eux-mêmes des retraités ayant fait carrière dans les services secrets américains. Quelle relation entre la psyché et l’espionnage ? Dans le cadre de la Guerre Froide les USA ont lancé dès 1945 en compétition avec l’URSS une large investigation planétaire de toutes les techniques existantes concernant le fonctionnement du cerveau. Ils cherchaient à former des spécialistes pointus qui puissent encadrer l’armée dans sa capacité de résistance à l’ennemi. De plus ils pensaient pouvoir espionner par capacité médiumnique domaine où les Russes étaient passés maître dès 1954. L’armée américaine avait aussi d’autres motivations plus sombres à savoir acquérir la capacité à faire avouer des prisonniers grâce à un ensemble d’outils ‘‘ incitatifs ‘‘ et discrets. Au niveau propagande politique ils développèrent dès 195O un vaste programme international secret, aujourd’hui déclassifié, concernant la désinformation collective des masses appelé MKULTRA. C’était un véritable  contrôle mental des populations au moyens d’ondes courtes, de drogues (LSD) ou de pulvérisations chimiques aérosols. Le but était d’empêcher le public de s’intéresser à certains sujets sensibles comme les OVNI, les armes bactériologiques ou la technologie HAARP entre autres. Dans cette voie les américains ne pouvaient absolument pas se permettre d’être en retard sur les Russes et ne voulaient pas alerter officiellement le monde sur les sombres nuages qui menaçaient toute l’humanité. Parmi ces cadres retraités ex-militaires se trouvait celui qui a fait le plus parler de lui jusqu’à maintenant, l’ancien marine et écrivain Ron Hubbard. Ce dernier a mis au point un système de dés-implantation psychique appelé Dianétique. L’œuvre de ce chercheur paramilitaire, auteur à succès de science fiction servira à certains de ses collègues pour instituer la fameuse Eglise de Scientologie. Pour moi il a représenté une source précieuse car qui dit dés-implanter veut dire aussi savoir implanter. L’auto-programmation mentale est un secret essentiel à découvrir. Il est à regretter que les médias tous sous contrôle s’attardent exclusivement sur les effets extérieurs et financiers des sectes. Comme s’ils voulaient cacher les secrets qui en font la force et qui sont toujours beaucoup plus importants que la forme extérieure de ces associations mégalomane. Un autre promoteur médiatique de cette grande université est Stan Grof. A l’origine de la psychologie transpersonnelle Grof est aussi le créateur d’un système thérapeutique proche du rebirth, la thérapie holotropique. En relation avec la CIA et l’armée américaine il étudia les effets du LSD sur le comportement. De nombreuses approches psycho-spirituelles sont ainsi nées de ces rencontres éclectiques dans les années 60 à ESALEM. C’est ainsi que le psychologue humaniste américain Abraham Maslow y établit sa célèbre pyramide des besoins humains, un concept maintenant reconnu mondialement. Ce schéma pyramidal présente les besoins communs aux humains dans une progression hiérarchique à cinq niveaux dont le plus élevé est la réalisation ou l’actualisation de soi. Cette dimension concerne l’inspiration à concrétiser ses capacités et talents en développant son potentiel d’où le terme courant « développement personnel ». Plus tard Maslow a raffiné ce dernier niveau pour y incorporer une notion de transcendance. A son stade de développement ultime la conscience s’apparente à l’éveil ou à l’illumination dont parlent de nombreuses traditions mystiques. Maslow a créé donc un sixième niveau qui se définit par l’aspiration à vivre des expériences de l’unité avec le cosmos et un sentiment d’amour inconditionnel envers l’humanité qui s’apparente au concept de noosphère du jésuite Theillard de Chardin. Il faut également mentionner que, cherchant à explorer les différentes manifestations de la conscience, ce mouvement transpersonnel né à Esalem s’est intéressé aussi aux phénomènes paranormaux, dits états modifiés de conscience. Dans ses travaux pratiques l’université étudia des témoignages de personnes ‘‘ abductés ‘‘ qui disaient avoir été enlevées par des OVNI. Il y avait de même des expériences avec ceux qui avaient vécu des NDE ou états de mort imminente. D’autres encore avaient eu des expériences de télépathie, de dédoublement et de décorporation. L’université jettera les bases de ce que l’on appelle aujourd’hui la connaissance canalisée multidimensionnelle ou channeling. Plusieurs techniques ont été mises au point pour provoquer volontairement ces états modifiés de conscience, états qui rappellent la transe chamanique traditionnelle : les outils de l’institut que j’avais choisi s’appelaient bioénergie, méditation transcendantale, chant, hypnose, danse sacrée, hutte de sudation indienne, régression dans les vies antérieures, analyse de rêves, rêve lucide ou éveillé, technique respiratoire issue du yoga, rebirth, cri primal, différents types de visualisation créatrice allant jusqu’à l’art thérapie, etc. Toutes ces techniques se retrouvent aujourd’hui dans le réseau commercialement florissant de tous les instituts dans les pays développés proposant aux cadres des multinationales des méthodes de performance et de dépassement. Ayant moi-même suivi quelques formations commerciales complémentaires dans le cadre d’HEC, j’ai eu la surprise de voir que cette noble école intégrait certaines de ces techniques dites ésotériques et marginales dans ses modules les plus pointus et les plus chers. Le principe de base était qu’il n’y a pas de succès professionnel sans une bonne connaissance de son inconscient et de l’inconscient collectif. Mais une fois encore je remarquais que le meilleur était discrètement réservé à l’élite des serviteurs dévoués du haut de la pyramide. Voilà donc pour conclure dans quelles conditions merveilleuses j’ai assidument et passionnément travaillé et étudié pendant 4 ans.


    Mes choix d’étude
    Je ne vais pas détailler ici le contenu des cinq gros classeurs de tous mes cours mais je vais lister les sujets qui m’ont le plus intéressé en me contentant simplement de les citer en vrac: La névrose, le transfert, le moi et le Sur-moi, les accès à l’inconscient, le repositionnement familial ou Exploration de l’arbre généalogique, l’origine et le développement de l’intuition et de la médiumnité, la libido et la créativité, les facteurs de la créativité, les sons, la parole, le vocabulaire et l’intonation, la P.N.L., la Bioénergie, la Gestalt, le Rebirth, le Pouvoir et l’Argent, l’étude des facteurs de la réussite, le harcèlement moral dans l’entreprise. Ces 4 années m’ont permis de connaître l’image que je présentais pour l’autre ou pour un groupe et de pouvoir la travailler. A titre personnel j’ai exploré ma gémellité ou dédoublement naturel. J’ai abordé aussi un sujet très basique et indispensable : la restauration de l’enfant archaïque refoulé et l’intégration de la force de l’enfant dans l’âge adulte. J’ai travaillé sur le « qui je suis » dans le monde, dans ma famille, dans l’entreprise, et surtout qui je suis pour moi-même. J’ai appris à régresser dans mes vies antérieures qui ne sont pas dans le passé mais qui sont inscrites dans les cellules de mon présent et j’ai pu découvrir et réactiver quelques grandes mémoires archétypales inscrites biologiquement en moi aujourd’hui. J’ai apprécié particulièrement de pouvoir affronter la force de mes émotions refoulées et de les maîtriser. J’ai appris à accepter mon corps et à éviter très facilement le passage à l’acte violent. Vers la fin du cursus j’ai été amené à prendre conscience de ce qu’avait été mon projet de vie jusqu’à maintenant et à le réorienter si besoin. J’ai levé le voile sur ce qu’étaient mes propres croyances. J’ai appris à les critiquer et à les ajuster au présent. J’ai aussi obtenu à l’issue de ces 4 années une bien meilleure approche de ce qu’était l’autre. Je me suis intéressé de prés à la transe chamanique. La transe demande une certaine pratique et une certaine maîtrise mais c’est un outil très intéressant pour accéder à l’inconscient et aux états modifiés de conscience. J’ai découvert enfin que la vie en entreprise est tout à fait assimilable à une vie de famille et que les pathologies dues à la vie familiale et à l’hérédité se retrouvent avec d’autres appellations au sein de l’entreprise et ce sont les mêmes solutions qui peuvent être apportées. La conséquence de ces 4 années a été étonnante puisqu’à partir de 1995 j’ai connu une aisance et un confort dans le travail qui a été spectaculaire. Je m’étais doté d’une sorte de bulle ou d’armure souple et invisible qui me permettait d’aller où je voulais sans aucune crainte. J’ai beaucoup plus investi mon énergie sans avoir à subir les effets indésirables du doute et du stress. A l’époque où je rédige cet ouvrage nous sommes en France au cœur du phénomène des suicides dans certaines entreprises en mutation rapide. J’écoute les commentaires des spécialistes en ressources humaines qui évoquent tous un déficit certain de considération de l’élément psy au sein du personnel. L’obligation de résultat a occulté les conditions humaines.

    Quelques découvertes spectaculaires
    Pour terminer ce chapitre je voudrais signaler pour l’exemple quelques événements paranormaux importants et spectaculaires qui ont accompagnés et illustrés cette formation psy de luxe.

    Première expérience. Un prof de fac reconnait la réalité médicale des vies antérieures.
    Paradoxalement elle n’a pas eu lieu dans le cadre de cette formation mais dans cette période. Elle a eu lieu dans un CHU de France et dans le cadre de mes visites commerciales. C‘était une époque où je me posais des questions sur la réalité physique des régressions et des vies antérieures. Je constatais qu’en état d’hypnose j’avais des souvenirs dont on pouvait penser qu’ils étaient inscrits dans mes cellules mais n’avaient peut-être pas eu de réalité dans ma propre vie terrestre. Comme je crois à la synchronicité des évènements, voilà ce qui est arrivé. Je vais vous lire le courrier très confidentiel qu’adressait un professeur d’ophtalmologie à son patient et qui m’a été confié par le surveillant du service.
    Courrier daté du printemps 1993 : « Madame, Je désirerais savoir si la gêne oculaire gauche que vous présentiez 6 jours après votre intervention de cataracte gauche persiste. Comme vous avez dû le comprendre mon examen était strictement normal. Par contre je pense que dans une vie antérieure vous avez dû présenter une gêne oculaire gauche. Ce problème et peut-être aussi les leçons de piano que vous avez prises avec une personne atteinte de cécité bilatérale auraient entraîné chez vous une hantise de perdre la vue. Je vous suggère de lire le meilleur ouvrage que je connaisse sur le sujet et dont l’auteur est le physicien Patrick Drouot. Ce livre s’intitule « Des vies antérieures aux vies futures. Vous y trouverez utilement des cas rapportés de personnes se plaignant de syndromes douloureux qui ont été reliés à des traumatismes survenus dans des vies antérieures. Les exercices de régression permettent dans ces cas-là la guérison des syndromes douloureux. Je vous prie d’agréer, Madame, l’assurance de mes sentiments respectueux. » Fin du courrier.
    J’ai pris quelques renseignements auprès de quelques autres médecins de l’établissement au sujet de l’image de ce professeur .J’ai vérifié au niveau de la région et de l’hôpital qu’il jouissait d’une excellente réputation et n’était pas considéré comme dérangé. Bien que ce courrier soit bien réel et qu’il atteste de la réalité médicale des vies antérieures cela ne constitue pas une preuve. Il n’empêche que je m’en suis souvenu comme un élément qui serait plutôt favorable à cette hypothèse et qui autorisait à apporter un certain crédit à ceux qui travaillaient à rééquilibrer les mémoires somatisées.

    Deuxiéme expérience : « J’ai été juif »
    Je voudrais vous conter la deuxiéme expérience qui concerne en moi une mémoire très précise de vie en tant que personne juive. Mon hérédité ne comporte aucune personne de cette appartenance. Sous hypnose il m’arrivait de vouloir porter une kippa et je demandais à me retrouver au sein d’un groupe juif. J’ai souvent demandé que les portes et fenêtres soient closes pour que personne ne sache que j’étais juif. Je me ressentais comme traqué. Il me fut proposé de travailler cette particularité étonnante en thérapie individuelle. Je me rappelle l’une des séances qui avait lieu dans un appartement confortable. Je suis entré assez vite dans un état de supra-conscience et il m’est devenu impératif que la porte du cabinet soit fermée ainsi que la porte d’entrée de l’appartement. Je demandais que les volets soient clos et que la lumière soit tamisée parce que je craignais que l’on découvre que j’étais juif. Je risquais ma vie. J’avais acheté une kippa et la porter en cachette à l’abri de cet appartement était un délice de résurrection. Enfin je pouvais être qui j’étais. Il n’y a pas eu d’explication plus importante à cela si ce n’est une prise de conscience. Je fus le premier très étonné par cette réalité et malgré d’autres séances, il n’a pas été possible de savoir où, quand, comment, cette réalité avait eu lieu autrefois. Peu importait, le principal était que cette reconnaissance de ma réalité animique juive restaurait en moi un bonheur que je peux ressentir encore tous les jours aujourd’hui rien qu’en y pensant. Pouvoir simplement dire : << je suis juif>> me mets des larmes aux yeux. Ce n’était pas un problème de ne pas savoir quand cela avait eu lieu, mais le fait que j’aie pu réinstaller cette mémoire en moi m’était suffisant. Comme les événements sont toujours en synchronicité dans ma vie, il y a eu dans les mois suivants une confirmation de cette affirmation étrange. Je suis parti en vacances en Espagne. Alors que nous traversions en voiture la région de Madrid vers l’Andalousie, nous avons pris un hébergement à Tolède. L’étape devait être reposante or elle fut abominable. A peine arrivés devant l’hôtel une voiture-grue de la police municipale est venue retirer mon véhicule. Cette audace des forces de police mit en rage le propriétaire de l’hôtel qui voyait là une atteinte à son commerce. Celui-ci était juif alors que le maire de la ville était un franquiste notoire, très antisémite. Nous nous sommes donc rendus en taxi dans les bureaux de la police et là les choses ont tournées très mal. Cet homme a failli en venir aux mains devant la brutalité des policiers. J’ai été assommé par une amende extravagante d’environ mille francs de l’époque. Revenu à l’hôtel les ennuis n’ont fait que continuer de plus belle. Non seulement la climatisation marchait très mal, mais à la suite de travaux, l’air chaud qui devait être extrait à l’extérieur entrait dans notre chambre. Notre chien âgé ne pouvait plus respirer. Il devait faire autour de 60° car les tee-shirts lavés sous la douche étaient secs en 3 mn. Bref nous sommes descendus dîner et nous aurions voulu finir cette journée dans notre chambre supposée climatisée. Mais celle-ci était trop bruyante car située au-dessus du moteur d’extraction des vapeurs de la cuisine accompagnées des odeurs de friture. Comme nous voulions faire contre mauvaise fortune bon cœur, ma femme a décidé que nous allions nous promener dans un parc voisin. Il faisait tellement chaud à 22 heures en Août que l’air sentait le brûlé. Après avoir marché un moment j’ai proposé de récupérer la voiture pour visiter la vieille ville. Or je me suis aperçu que les rues du centre de Tolède présentaient un goulot d’étranglement à leur extrémité. Comme j’avais emprunté une ruelle de 4 m de large elle n’en faisait plus que 2 à la sortie. Il m’était impossible de faire une marche arrière sans rayer la carrosserie ou voir la tôle découpée par les pierres saillantes des maisons. Nous n’avions plus aucune possibilité de sortir du véhicule si ce n’est par le coffre ou le toit ouvrant. J’ai réussi finalement à faire une marche arrière après de longs efforts pour me sortir de ce boyau. Nous avons ramené la voiture au parking et nous avons visité à pied quelques monuments de Tolède qui me paraissaient d’ailleurs sinistres et angoissants. La chaleur étant encore torride à 23 heures nous nous sommes allongés sur un banc public attendant que la fraîcheur vienne un peu. C’est à ce moment qu’un homme compatissant d’un certain âge est venu nous conseiller de ne pas rester sur ce banc parce qu’il y avait eu la veille l’assassinat d’un touriste à qui on avait tout volé. Nous sommes revenus à l’hôtel à minuit, l’air irrespirable envahissant toujours notre chambre, le moteur d’extraction de la cuisine continuant à vibrer. Nous avons alors refait nos valises, demandé la note et fuit Tolède tout droit vers le sud dans un stress cauchemardesque. J’ai traversé la Mancha, et roulé pendant des heures sans voir âme qui vive car nous avons traversé une région désertique et sans village. C’est en conduisant sous les étoiles vers 2 h du matin que j’ai réalisé d’un bloc que je venais de vivre une réminiscence de ce qui avait été autrefois mon séjour tragique à Tolède. Je me suis souvenu que les Juifs à l’époque de l’Inquisition avaient été convertis de force au catholicisme mais continuaient à pratiquer leur religion en cachette. Ils étaient alors considérés comme des « Maranos », des porcs. Ils étaient châtiés par la punition suprême à savoir d’être amenés à Tolède pour y être brûlés vifs sur la grande place, celle qui était juste en face de l’hôtel. C’est comme si cette expérience symbolique était le reflet édulcoré d’une mémoire et en constituait l’exorcisme. Cette révélation subite me faisait trembler comme une feuille sous le vent. J’avais donc bien été juif et j’en conservais la peur viscérale inconsciente d’être découvert. Dans mes réincarnations suivantes j’avais demandé la possibilité de ne plus l’être mais cette mémoire me manquait. Je souffrais de renier cette appartenance animique. Ma nostalgie permanente de l’Espagne était donc bien compréhensible. Je récupérais donc ainsi avec délectation mon cher passé dans mon extraordinaire présent.

    Troisième expérience : « J’ai été chevalier de l’Ordre du Temple »
    Je voudrais maintenant citer comme exemple de réminiscence une expérience qui est arrivé pendant ma formation psy lors d’un atelier de groupe. J’avais remarqué dès les premières minutes du stage une très belle jeune femme aux yeux bleus. Elle était très brune de type moyen oriental et d’origine libanaise. Il me semblait la connaître ou plutôt l’avoir connue autrefois et j’en ressentais une vive et incontrôlable émotion. Je ne pouvais m’empêcher d’affirmer qu’elle était de Jérusalem. J’ai pris la précaution de vérifier avec elle si nous n’avions pas pu nous rencontrer un jour quelques années avant. Mais rien de tel. De l’avis des formateurs cette personne était pour moi l’occasion d’une remontée transférentielle de mémoire et ils m’encourageaient fortement à l’identifier. J’ai fait des rêves la nuit suivante qui se déroulaient au Moyen-Orient région où je ne suis jamais allé. Lors d’un travail de rebirth le lendemain je fus fortement pénétré par la vue réelle et imposante d’une sorte de croix en bois formée par la croisée naturelle des poutres du plafond. Durant l’exercice cette croisée naturelle de la charpente s’est transformée dans mon esprit en une énorme croix templière rouge vif. L’accompagnateur de l’exercice a profité de mon état hypnotique pour me poser des questions sur l’expérience en cours. J’avais un ressenti physique de forte chaleur solaire, la claire vision d’un paysage marin fait de dunes à perte de vue. Je sentais une odeur de sable mêlé à des ajoncs que je voyais onduler avec grâce. Mon accompagnateur me demandait le lieu de ma vision. J’étais sur en bord de mer méditerranéen à la frontière du royaume de Jérusalem en périphérie d’une ville importante qui s’appelait Akko. Je montais un immense cheval alezan et j’avais sur ma poitrine et mon dos deux immenses croix rouges sur une tunique blanche. Avec rage je brandissais de la main droite une grande épée : j’étais un Templier français. J’étais dans un état émotionnel extrême, fait de colère et d’agressivité, mais aussi de terreur parce que nous étions menacés d’être massacrés par la population hostile. Je me voyais foncer vers une adolescente tétanisée à mes pieds. Tournoyant autour d’elle son regard pénétrant et bleu me fixant je retenais mon glaive à la verticale. Comme une gifle je reçu le visage de celle que j’avais remarqué ici même dès le début de ce stage. Le passé et le présent explosèrent en moi m’empêchant de suivre le trajet insupportable de cette épée qui s’abattait avec violence comme si c’était sur ma tête. Je me sentais comme mortellement fracturé. Dans notre angoisse nous massacrions tout ce qui était à notre portée. Je ressentais jusqu’à l’écœurement l’odeur du sang sur mes vêtements et l’échine du cheval. Il s’étalait en larges plaques visqueuses mêlé au sable de la dune. Mon épée était luisante et rouge vermeil. Des cadavres étaient visibles à perte de vue. J’avais le sentiment d’une culpabilité maximum et d’un échec total. Je savais que le Dieu que nous servions ne pouvait cautionner de tels agissements criminels et contre nature. Ce ressenti d’extrême culpabilité a provoqué chez moi durant toute la suite de l’exercice des sanglots bien réels qui ont duré fort longtemps tellement ils étaient difficiles à calmer. Je ne me souvenais pas avoir jamais ressenti une telle immense culpabilité. Je n’ai aucune envie de faire le moindre commentaire sur cette expérience car je ne sais pas quel sens raisonnable lui donner. Toutefois elle est devenue une pierre solide dans la construction de qui je suis aujourd’hui comme si je me réappropriais réellement une partie de qui j’avais été. Ce noble chevalier conquérant et repenti m’accompagne assurément tous les jours à mon réveil aujourd’hui encore comme s’il était sorti de l’enfer où il avait voulu purger son châtiment. Aujourd’hui je me suis pardonné et ce qu’il m’en reste c’est que je ne suis plus dans mon inconscient rongé par la maladie des conséquences sur moi de cette immense culpabilité. Ce qui a beaucoup étonné les accompagnateurs du groupe et cette belle jeune femme qui avait inspiré cette remontée de mémoire, c’est que je leur affirme sincèrement que je ne connaissais absolument pas la ville d’Akko ni même son nom qui était celui de Saint Jean d’Acre avant le 13e siècle, période à laquelle l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ont conquis la région. La simple évocation de cet exercice me met aujourd’hui encore dans un état émotionnel très particulier.

    Le masque qui m’a parlé
    Je vais enfin essayer de vous décrire l’expérience la plus forte, la plus paranormale et la plus exceptionnelle, celle qui a eu le plus de conséquences sur ma vie et reste toujours actives encore aujourd’hui. J’avais opté pour une formation concernant les masques de thérapie, technique marginale de type chamanique et très peu connue des psychothérapeutes eux-mêmes. Elle a eu lieu lors d’une université d’été en 1994 dans le cadre d’un échange entre écoles. L’université était orientée vers les psychopathologies lourdes. Appelée mascothérapie c’est une technique de cure psychiatrique destinée aux grands schizophrènes en institution. Cette pratique est incluse dans une discipline plus large appelée : Art-thérapie. La lente confection d’un masque par un patient au fil de nombreuses séances et sur une longue période lui permettait de voir en face sous forme symbolique sa problématique inacceptée. Protégé et contenu par son masque qui est lui sans l’être vraiment, le protagoniste explore plus librement ses pulsions, ses émotions ainsi que les réactions qu’elles génèrent en l’autre. Le patient pouvait le porter à volonté et extérioriser ainsi ce qui lui était insupportable. Ce n’est pas directement une technique de guérison mais plutôt d’allègement et de réappropriation de soi-même. Le patient se crée une nouvelle identité annexe qu’il maîtrise sans aller obligatoirement jusqu’à l’accepter. Chaque masque est censé contenir dans sa matérialité cellulaire la propre énergie électromagnétique de celui qui l’a fabriqué. Le psychiatre ayant amené sa ‘‘ Compagnie des masques ‘‘ les considéraient ainsi comme vivants. Nous devions par affinité choisir le masque qui nous attirait le plus de façon à établir un contact énergétique dans une sorte d’exercice chamanique de type animiste, comme si le masque avait aussi une âme et un esprit. J’ai choisi instinctivement un masque sans autre motivation que la curiosité et la découverte. Il était très original, bien fait et facile à porter. Il était composé de papier mâché, de tissu et de plumes. Il était peint dans des couleurs vives et harmonieuses ; l’ensemble constituait une œuvre d’art digne d’un musé. Il montrait deux aspects bien distincts. Pour une partie il était inspiré d’un personnage simiesque agressif et pour une autre il indiquait la sagesse d’un lama tibétain. Lorsqu’il était porté deux énergies opposées s’en dégageaient. D’un côté une certaine brutalité sauvage provenant du singe, de l’autre une noblesse intelligente provenant du Lama. J’ai porté ce masque 20 mn et je ressentais bien ces deux polarités contrastées. Je ressentais la brutalité et la force instinctive puissante comme l’autorité et la sagesse secrète et ancestrale du monde tibétain. J’ai demandé à l’expert en quoi la confection de ce masque par le patient était une thérapie car je ne ressentais pas de pathologie lourde et ingérable dans les énergies de ce masque ? Il a souri en me disant que les apparences étaient bien trompeuses parce qu’il considérait que c’était le masque le plus terrible. Il était le seul de la compagnie qui attestait d’une impossibilité de cure. Il représentait une totale dissociation fondamentale entre deux natures incompatibles dans un seul corps humain. Elles symbolisaient l’une la pureté de l’instinct animal sans nuance et l’autre la pure maîtrise dans la vacuité et la sagesse de l’esprit. Celui qui avait fait ce masque était à la fois un pur animal soumis à des instincts puissants et en même temps il bénéficiait d’une sagesse très raffinée qui ne pouvait intégrer une telle autre réalité aussi brutale. Le patient décédé à cette époque et qui avait porté cette double personnalité manifestait une incohérence de vie qui le rendait très dangereux pour ses proches. Il avait passé une grande partie de sa vie en institution fermée. La compréhension de sa pathologie lui avait apporté une certaine paix sans lui permettre la moindre vie sociale. L’exercice aurait du s’arrêter là pour moi ce qui était déjà fort intéressant concernant la gestion de mes polarités émotionnelles. Regagnant ma chambre je m’allongeais sur mon lit refaisant le film du travail de l’après midi. Je repensais au masque avec un certain recul et même un certain scepticisme sur le côté vivant dans l’énergie résiduelle du papier mâché. Lorsque je visualisais le masque il se trouvait bien à sa place en moi là où j’avais l’habitude de suivre les images de mes pensées. Soudain j’ai eu la nette impression qu’il se détachait de cet espace intérieur de ma pensée pour se déplacer dans la pièce comme s’il avait été une personne physique. Pour tester ce phénomène je me déplaçais à divers endroits et il fit de même avec son autonomie propre. J’ai pensé que la fatigue me jouait un tour et j’ai décidé de sortir de la pièce pour aller m’aérer. Je descendais l’escalier pentu de la vieille demeure où nous étions logés lorsque que quelqu’un m’appela en haut derrière moi. Je répondis : << Oui, je suis là>>. Curieux je tourne aussitôt la tête pour constater qu’il n’y avait personne. <<C’est moi>> me dit le masque, <<j’aurais une demande à te faire. >> Bien que ne le voyant pas je commençais à comprendre qu’il était là. Je restais un moment hésitant comme si j’étais devant une personne physique. De l’intérieur je lui répondis : << Je remonte>>. Je ne tenais pas à ce qu’un tiers me découvre parlant tout seul. J’avais du mal à accepter de communiquer en silence avec le vide mais l’intensité de vie que dégageait ce qu’il me fallait bien accepter comme une ‘‘ présence ‘‘ , a fait que j’ai entrepris ce monologue qui était comme un dialogue.

    Il voulait que je le porte dans ma vie
    Je lui dis : << Pourquoi es-tu là >> Il me dit : <<Comme tu m’as porté et que je me suis senti bien, j’ai voulu resté un moment encore avec toi>> J’étais ému de cet aveux. Je lui dis après un moment : <<Parfait, qu’est ce que je peux faire pour toi ?>> Il répondit : <<Tu pourrais beaucoup. Je voulais te demander ton avis. >> Je dis : <<Sur quoi ?>> IL dit : << Quand j’étais avec toi j’ai ressenti la façon dont tu m’as porté et le plaisir que tu y as pris. Je n’ai ressenti aucune tension chez toi au contraire. Je me suis demandé si tu ne pourrais pas me porter dans ta vie ?>> J’étais sonné. Puis je me redressais car je n’avais aucune obligation à dire oui. J’étais ému par la candeur enfantine de cette demande. Je m’adressais au masque avec cette pensée : « Les deux énergies qui sont dans ta nature sont incompatibles dans un même corps. Je compatis mais je n’y peux rien. Je ne le peux pas. Désolé ». C’est là que l’évènement paranormal a eu lieu. Je ne m’y attendais pas. Le masque me fit cette proposition : « Si je te le demande c’est parce que tu es un candidat thérapeute et parce que j’ai ressenti que tu en avais la capacité. Je cherche depuis toujours quelqu’un qui puisse me porter thérapeutiquement. Mon énergie de dualité incompatible n’a jamais pu être portée par celui qui l’a reçu. Ne pourrais-tu pas me donner une opportunité d’incarnation ? J’ai été aussi patient parce qu’il m’a été dis qu’un jour des hommes auraient la capacité de le faire. >> Je suis resté longtemps silencieux. Je sentais que je devais obligatoirement y réfléchir et je ne pouvais pas donner une réponse immédiate. J’ai alors proposé de ne répondre que le lendemain, la nuit portant conseil. A mon grand étonnement alors que je suis très bavard, extraverti et expansif, je n’ai pas pu échanger cette expérience avec d’autres, ni même l’encadrement psy du stage. C’était trop intime. Je sentais que cette demande touchait ma partie la plus élevée bien au-delà de la psyché. Cette question inattendue venant d’un esprit matérialisé par du papier mâché, du tissu et des plumes est restée présente toute la nuit et à ma grande surprise, le lendemain matin dès le lever, j’y avais déjà répondu. Mon mental n’osait pas formuler la réponse. Comme un télégramme que l’on n’ose ouvrir j’essayais de ne pas y penser. Cette décision venue du fond de moi a été la plus forte surprise de l’expérience. La nuit avait suffi à me persuader que j’étais prêt à recevoir ce type d’énergie duelle, non pas en la mêlant à ma propre énergie vitale, mais en tant que porteur et accompagnateur, ce qui était très différent. Ce n’était pas une obligation karmique mais un service à l’humanité. Lors de la pause de la matinée, le masque est revenu en énergie chercher la réponse à sa proposition. Je lui ai annoncé que j’avais décidé de le porter et de lui donner ainsi une occasion d’incarnation. Il me répondit que j’avais fait le bon choix car j’aurais ainsi l’opportunité, dans tout ce que j’entreprendrai de pouvoir explorer les extrêmes de son caractère. Je découvrais que ma stratégie de thérapeute serait simple. En présence de ces deux forces je serais un arbitre qui les autoriserait à s’exprimer sans se combattre et dans le respect des contingences sociales en vigueur. Je resterai le maître sans dénaturer la valeur de ces forces dont je n’étais pas responsable. Je serai comme un dompteur maître du spectacle. Je n’ai pas réalisé la contrepartie immédiatement. Il m’a fallu plusieurs années. Ce livre est tout à fait en rapport avec cette énergie et je pense même que ce masque a contribué à faire ce livre. La force intérieure hors du commun et la capacité qu’il m’a apportée a changé l’orbite de mon parcours de vie. Je me suis souvent dit ceci : << Tu n’as pas de cabinet de psy mais tu as un seul client et c’est le plus lourdement chargé, celui que personne ne pouvait ni porter ni accompagner>> Depuis cette décision j’explore avec facilité des polarités considérées comme incompatibles. Notre monde en fin de cycle est composé lui-même de ces deux extrêmes : D’un côté une brutalité potentielle instinctive sans forme définie de l’autre en même temps, dans les mêmes lieux et à propos des mêmes sujets, une énergie angélique pure venu des mondes réalisés. Ces forces m’ont habité depuis lors et je les ai intégrées dans le spectacle quotidien de mon cirque. Celui qui peut alchimiquement  associer, dans son athanor personnel, ces deux produits et les faire fusionner peut ainsi créer une transformation et créer le Nouvel Homme ressuscité sur une Nouvelle Planète renaissante.

    Mon repositionnement héréditaire ou constellation familiale
    Pour terminer la liste des expériences remarquables qui jalonnèrent ma formation, je voudrais décrire l’exercice le plus spectaculaire auquel j’ai participé. Il commence à être aujourd’hui très à la mode : Le repositionnement héréditaire ou constellation familiale. Cet exercice est intéressant parce qu’il indique au patient qu’elle est l’influence de son hérédité dans son propre présent. Quand on parle d’hérédité et de mémoire somatisée, il n’y a pas que celle des possibles vies antérieures, mais il y a aussi le bagage transmis par les deux branches paternelle et maternelle. La technique de repositionnement héréditaire demande beaucoup d’espace et beaucoup de participants correspondant au nombre de personnes sur l’arbre généalogique établi un seul sujet sur au moins quatre générations. Comme il est très difficile de réunir une cinquantaine de participants, une dizaine représente les plus importants et les autres sont remplacés par des objets tels que chaises, cousins, bacs à fleurs ou tabourets. Alors que la personne pour qui se fait la constellation reste spectatrice, celui qui orchestre l’exercice fait intervenir selon son intuition chaque représentant d’un ancêtre de l’arbre qui, comme dans un psychodrame, va jouer un rôle tel que son intuition personnelle le lui suggère. Il est censé par son ressenti corporel, ses gestes, ses paroles donner des informations à celui qui reste observateur et surtout au chef d’orchestre de l’ensemble qui reste seul à décider des interventions. Par la voie de ces délégués les ancêtres inscrits dans l’arbre communiquent des informations secrètes sur le passé de cette famille. Le résultat est la levée du voile sur les secrets de famille qui ont laissé des traces dans le présent du descendant présent. J’ai assisté à une vingtaine d’exercices dont le mien et j’ai été stupéfait de constater la validité des réponses qui, je le reconnais, sont produites par un processus compétemment irrationnel. Tout se passe comme si l’esprit de chaque ancêtre appelé investissait le cerveau de son représentant. C’est renversant mais ça marche à la perfection, j’en ai été suffisamment le témoin et l’acteur pour avancer cette affirmation. L’atmosphère des salles où se déroule l’exercice est électrique car les relations télépathiques créent un flux magnétique en réseau que le corps sensible peut ressentir. J’en avais à chaque fois les cheveux qui se dressaient sur la tête. Bref ce qui compte c’est le résultat et les informations précieuses que reçoit celui dont l’arbre est étudié. Les révélations font remonter à la conscience de cette personne objet du travail des blessures cachées qui peuvent ainsi se trouver reconnues, apaisées et pardonnées. Dans mon cas cet exercice m’a permis d’aller jusqu’à la guérison de certains traumatismes appartenant à toute une lignée depuis plusieurs générations, en particulier concernant des pratiques d’avortements en série. Ce qui a été principalement éclairé pour moi, c’est cet enfant mort-né juste avant moi, c’est-à-dire la fausse-couche faite par ma mère neuf mois avant ma naissance. L’être qui n’a pas pu ou n’a pas voulu s’incarner a été nommé Gérard. Sur ma carte d’identité je porte le prénom de Gérard en 3ème position. Durant ma constellation Gérard a d’abord été symbolisé par un simple coussin puisqu’il n’avait pas eu de corps. Devant l’énergie dégagée le thérapeute et ‘‘ chef d’orchestre ‘‘ a ressenti que le coussin était très insuffisant pour porter cette mémoire qui envahissait la scène et il a demandé à une personne de prendre physiquement la place de Gérard et d’incarner pour moi ce frère que je n’ai pas connu. Il est alors devenu la vedette du psychodrame me concernant. La jeune femme qui avait pris ce rôle m’a avoué à la fin de l’exercice combien elle était épuisée parce que la force de Gérard l’avait écrasée. Elle avait ressenti Gérard comme un esprit puissant qui entretenait une relation active avec moi. Elle m’a dit : Comment peux-tu vivre avec ça ? C’est monstrueux ! J’ai réalisé combien ma difficulté de vie dans mes jeunes années vient de l’ambition stratégique qu’a été ma naissance. En résumé il semble que Gérard et moi sommes des jumeaux qui avons bâti une stratégie prénatale. Jacques assurait la naissance corporelle et servait de porteur tandis que Gérard après s’être ancré dans un plan terrestre proche de moi restait en retrait. L’avantage pour lui était de ne pas être soumis à l’amnésie paralysante de l’incarnation. Il bénéficie de pouvoirs non compatibles avec l’incarnation en 3D. Arrivée à la maturité de Jacques, Gérard pouvait téléguider son frère. Tel était le projet qui semblait avoir réussi. Gérard est dans un monde beaucoup moins contraignant, hors du temps et de l’espace, mais avec cependant la difficulté d’être descendu aussi d’autres plans beaucoup plus faciles à vivre. Gérard et moi nous nous sommes dédoublés pour pouvoir mener à bien ce que nous souhaitions réaliser. L’un servant de véhicule explorateur terrestre, l’autre restant dans une dimension plus élevée constituant une base arrière d’orientation. C’est génial ! Normalement cette stratégie est vouée à l’échec parce qu’elle est soumise à une douloureuse schizophrénie ingérable. L’association harmonieuse de deux êtres ne vivant pas dans la même dimension demande une certaine préparation et une grande motivation. Imaginez deux pilotes, l’un en voiture et l’autre en hélicoptère, mais qui ne pourraient communiquer que par le réseau wifi et jamais de visu. Le fait que nous ayons toujours gardé une estime mutuelle a facilité les choses et cet exercice m’a complètement fait comprendre qui était ce protecteur qui me téléguidait dans mes choix depuis toujours jusqu’à conduire ma camionnette à ma place. Depuis cet exercice de constellation héréditaire mon contrat gémellaire fut officialisé et j’ai porté ensuite fièrement le prénom officiel de Jacques-Gérard.

    Bien avant AVATAR
    Quelques mois après, j’ai fait un rêve que je vais vous livrer ici. Son titre est : << Chevauchant mon corps comme un cheval terrestre>> Il me faut préciser que c’était en 1995 et que le film  AVATAR  n’est sorti qu’en 2009 quatorze ans après. « Je me réveille. Pendant dix secondes, je ressens que je vais entrer dans mon corps, véhicule terrestre élaboré à partir d’une souche animale perfectionnée. Je ressens sa force, sa complexité, sa pesanteur, sa sensibilité. Je ressens ses maladies et sa souffrance héroïque. Cet être vivant dans lequel je vais entrer, encore une fois, est comme un véhicule porteur, un cheval avec lequel je serai connecté, comme une sorte de frère siamois. Je capte son ressenti, ses espoirs, ses peurs, son besoin d’amour et sa féroce envie de vivre malgré sa fragilité paradoxale. C’est comme si ce cheval avait été élevé pendant une longue période expérimentale pour que je puisse faire corps avec lui maintenant. Nous avons même passé plusieurs vies ensemble afin de nous apprivoiser mutuellement. Je ressens que si je rentre en lui ce matin encore, je pénètre une fois encore dans un espace fait des secondes d’un temps qui ne sera plus le mien d’où je viens. Je ressens surtout confusément que le monde où je vais passer cette journée est en profonde mutation. Tout bouge tout le temps. Vais-je accepter une fois encore cette accélération. Je sens que rien ne m’y oblige si ce n’est ma volonté. Mais qu’est-ce qui me motive ainsi ? A la cinquième seconde de ces dix secondes, j’ai ressenti qui j’étais puisque je n’étais pas seulement mon cheval merveilleux. Oui, j’étais comme un visiteur en mission, je voulais ressentir cette planète qui est comme expérimentale, douloureusement séparée des autres mondes mais en étroite dépendance avec tout ce qu’elle porte en elle, au-dessus d’elle et autour d’elle, comme le ferait une baleine cosmique et souffrante. Allais-je consciemment accepter encore, une journée de plus et accepter de revêtir mon si délicat habit de chaire dense pour m’unir un jour encore consciemment à la vie de ce monde où l’air est pauvre et pollué ? Allais-je vouloir servir et non pas me servir ? Allais-je entrer consciemment en contact fraternel avec mon cheval terrestre et le guider, le rassurer même ? J’entrevis une seconde que mon habitude était de dormir et de laisser aller ma monture. Ce ne doit pas être très rassurant pour un cheval d’avoir un cavalier somnolent, amnésique et rêveur. Il y a bien des chiens d’aveugle, pourquoi pas des chevaux ? Mais à la dixème seconde, ce matin-là, encore sous les draps, j’ai sauté dans mon corps et ma journée a commencé au galop. J’étais toujours ce même visiteur d’hôpitaux. Je voyais par la fenêtre une légère brume humecter la terre. Wouha quelle planète ! Même si elle est magnifique, cette planète a curieusement comme une substance soporifique dans son atmosphère. Mon cheval a besoin d’être robuste. » Fin du texte.J’ai donc clôturé mes quatre années d’étude de la psyché avec cette découverte officielle qu’une partie de moi vivait dans une autre dimension. Gérard avait bien fait les choses. Bravo !

     


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  • Commentaires

    1
    Alex
    Vendredi 24 Mars à 12:28

    La lecture de ce chapitre m'a complètement chamboulé, positivement et profondément.

      • Vendredi 24 Mars à 13:51

        Bonjour Alex

        En naissant nous avons tous une feuille de route consignée dans notre ADN. Elle apporte des éléments selon la programmation faite par nos guides et en accord avec nous. Il est évident pour moi que les lignes ci-haut sont des enseignements provenant de ma feuille de route. 

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